Rseaux de centres d'excellence
Gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Une simple goutte de sang pourrait détecter le risque d’une maladie grave

Le Genome British Columbia Proteomics Centre (GBCPC) situé à la University of Victoria a récemment acquis un spectromètre de masse qui promet de révolutionner l’identification clinique du risque de maladie cardiovasculaire et peut­être celle d’indices d’autres malaises communs associés à l’insuffisance fonctionnelle d’un organe.

Cette nouvelle technologie offre des possibilités intéressantes et contribuera aux travaux de Bruce McManus et d’autres chercheurs du Centre d’excellence pour la prévention de la propagation de l’insuffisance fonctionnelle des organes (Centre PPIFO).

Le spectromètre de masse à mobilité ionique Agilent 6490 peut déterminer en un seul passage, grâce à la technique de surveillance de réactions multiples (multiple reaction monitoring ou MRM), la présence et la concentration de 150 différentes protéines marqueurs dans le sang, une tâche qui nécessitait auparavant un test pour chaque protéine.

Créé dans le cadre d’un programme de Génome Canada, le GBCPC représente l’une des nombreuses plateformes offertes à la communauté des sciences de la vie grâce à des relations de collaboration établies avec les dirigeants de ces organisations. Cette plateforme de haute technologie est installée au GBCPC, qui est dirigé par Christoph Borchers et qui réalise de nombreux projets en collaboration au Canada et à l’étranger.

« Le Genome British Columbia Proteomics Centre a acquis une gamme extraordinaire d’outils pour analyser le matériel ou les échantillons biologiques en vue d’identifier et de quantifier les protéines », explique M. McManus, le directeur du Centre PPIFO.

La collaboration de M. McManus avec le GBCPC a débuté en 2004 alors qu’il était coresponsable d’un projet de Génome Canada axé sur l’utilisation de biomarqueurs pour les transplantations. Les tâches suivantes ont été réalisées dans le cadre de ce projet pour les données fournies par le GBCPC : l’assurance de la qualité; le contrôle de la qualité; le contrôle des données brutes; et la synthèse des données en vue d’obtenir des données et des résultats réels. Une solide relation de collaboration a alors été établie avec le GBCPC.

« Tout au long du projet, poursuit M. McManus, nous avons eu divers contacts avec M. Borcher, notamment de nombreuses discussions et des travaux, afin qu’il puisse réaliser son rêve d’utiliser la technique MRM non seulement pour la recherche fondamentale, mais aussi pour l’application clinique des résultats de la recherche. »

Le Centre PPIFO est financé par des fonds fédéraux par l’entremise du Programme des centres d’excellence en commercialisation et en recherche (CECR) des Réseaux de centres d’excellence du gouvernement du Canada. Il exécute un certain nombre de programmes axés sur les questions cruciales du risque associé au développement de maladies en cas d’insuffisance fonctionnelle du cœur, des poumons et des reins.

Le Centre PPIFO s’intéresse aux signatures moléculaires du sang et de l’urine, afin de repérer les patients qui pourraient être victimes d’une maladie et de la diagnostiquer, de la prévenir ou de la pronostiquer. La technique MRM pourrait permettre l’application clinique des signatures découvertes.

M. McManus explique que le Centre PPIFO a créé une cohorte de patients au St. Paul’s Hospital de Vancouver (C.­B.), en collaboration avec les chercheurs John Hill et Jiri Frohlich. Ces patients ont passé un angiogramme – un test d’imagerie pour savoir s’ils avaient été victimes d’une coronaropathie ou s’ils souffraient d’artériosclérose cardiaque. Ces patients à risque de cardiopathie ont été divisés en deux groupes : ceux qui sont susceptibles de développer la maladie et ceux qui ne le sont pas.

À l’aide de la technique MRM et des échantillons sanguins de ces patients, M. Borchers réalise une étude pour établir un lien entre certains profils protéiques du plasma des patients atteints d’une maladie selon l’angiographie et ceux des patients qui n’en ont pas.

Ces travaux sont possibles grâce au niveau spectromètre de masse. La technique MRM est très rapide, très sensible et très précise. Elle peut mesurer en quelques heures d’innombrables protéines intéressantes qui se trouvent dans une petite goutte de plasma – permettant d’économiser du temps et du matériel biologique et de mesurer d’un seul coup de nombreuses protéines différentes.

M. McManus souligne que ces travaux ne sont qu’un point de départ qui vise à caractériser de façon globale la maladie ciblée à l’origine, la cardiopathie, et qu’ils constituent un important exemple, de l’utilité de la technique MRM pour comprendre les processus biologiques qui mènent au développement ou non d’une maladie des vaisseaux sanguins en présence de facteurs de risque standard.

La capacité d’identifier et de quantifier les protéines qui peuvent segmenter les phénotypes pour l’artériosclérose permet de réaliser des travaux similaires pour d’autres maladies, par exemple une néphropathie chronique. « La technique MRM pourrait-elle nous aider à discriminer les patients qui développeront cette maladie et ceux qui ne la développeront pas? », demande M. McManus.

Tout en collaborant avec M. Borchers et le GBCPC au projet sur l’artériosclérose, en vue d’appliquer les résultats à d’autres maladies qui nécessitent une stratification des risques, les chercheurs du Centre PPIFO continuent de travailler à l’initiative sur l’utilisation des biomarqueurs pour les transplantations, afin de valider leurs marqueurs et de confirmer que la technique MRM est pertinente pour l’utilisation clinique.

Selon M. McManus, un bon partenariat ou une bonne collaboration n’existe jamais pour une seule raison, parce que chaque équipe profite de l’expertise de l’autre. Dans le cas présent, toutes les parties concernées ont beaucoup de chance de pouvoir profiter de l’investissement technologique fait par Génome Canada et le GBCPC.

« Nous pensons que ce genre de collaboration témoigne du désir naturel des scientifiques de collaborer et d’optimiser le rendement de l’investissement – non seulement de la valeur des investissements de Génome Canada dans la technologie et les programmes, mais aussi des investissements dans les Réseaux de centres d’excellence, par exemple les CECR. Nous voulons tous faire une contribution sociale et économique », conclut M. McManus.

Retour au menu du bulletin