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Les victimes d’un ACV hospitalisées pendant une fin de semaine sont plus susceptibles de mourir

Les personnes victimes d’un accident cérébrovasculaire (ACV) qui sont hospitalisées pendant la fin de semaine sont plus susceptibles de mourir comparativement à celles qui sont hospitalisées pendant la semaine, peu importe la gravité de l’ACV. Voilà la conclusion d’une étude financée par le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires (RCCACV), qui fait partie du Programme des Réseaux de centres d’excellence du Canada.

« Nous voulions vérifier si la gravité des ACV qui se produisent la fin de semaine réduit les taux de survie des victimes par rapport à ceux qui surviennent pendant la semaine», explique Moira K. Kapral de la University of Toronto. M. Kapral était membre de l’équipe de l’Institut de recherche en services de santé (IRSS) de l’Ontario lorsque les travaux ont été réalisés. Il est actuellement l’un des chercheurs principaux du Registry of the Canadian Stroke Network. « Nos résultats indiquent que la gravité de l’ACV n’explique pas nécessairement cette différence. »

Dans le cadre de l’étude, les chercheurs ont analysé des données collectées pendant cinq ans par le RCCACV auprès de 11 centres ontariens de traitement des ACV. Ces données concernent 20 657 patients ayant été victimes d’un ACV grave. L’étude n’a porté que sur le premier ACV des patients.

L’étude a révélé que le taux d’hospitalisation des personnes qui avaient été victimes d’un ACV moyen ou grave était le même pour la fin de semaine que pour un jour de la semaine, mais que les personnes qui avaient été victimes d’un ACV léger étaient moins susceptibles d’être hospitalisées pendant la fin de semaine. Voici certaines des caractéristiques des personnes hospitalisées la fin de semaine : elles sont légèrement plus âgées; elles sont plus souvent transportées par ambulance; et le délai moyen entre le début des symptômes de l’ACV et l’arrivée à l’hôpital est plus court. Par ailleurs, les victimes d’un ACV léger ont tendance à attendre que la fin de semaine soit finie pour se rendre à l’hôpital.

« Nous avons découvert que les patients examinés pendant la fin de semaine sont plus susceptibles de recevoir une thrombolyse et des médicaments thrombolytiques et de passer le test de neuro-imagerie plus rapidement que les personnes examinées pendant la semaine, explique M. Karpal. On peut en conclure que peu importe le jour de la semaine, les hôpitaux réussissent très bien à gérer la thrombolyse, l’un des plus importants traitements d’un ACV grave. » Il existe en Ontario un excellent système régional de traitement des ACV qui coordonne l’administration de la thrombolyse dans l’ensemble de la province. Cela peut expliquer en partie ce résultat.

L’étude a révélé que sept jours après un ACV, le risque de décès est de 8,1 p. 100 chez les personnes qui ont été vues pendant la fin de semaine, comparativement à 7 p. 100 chez les personnes qui ont été vues la semaine. Les résultats sont les mêmes, peu importe l’âge, le sexe, la gravité de l’ACV, les autres troubles médicaux et l’administration de médicaments thrombolytiques. De plus, il n’y a pas de différence entre la fin de semaine et la semaine pour ce qui est de la qualité des soins reçus, notamment la scintigraphie cérébrale et le temps d’attente.

Des études précédentes avaient révélé que les résultats sont pires pour les patients qui sont hospitalisés pendant la fin de semaine comparativement à ceux qui sont hospitalisés pendant la semaine. La présente étude révèle que cette différence est reliée en partie à la gravité de l’ACV. Ce sont les victimes des ACV les plus graves qui sont hospitalisées la fin de semaine, car les personnes qui sont victimes d’un ACV mineur ne vont pas à l’hôpital pendant cette période. Cependant, cette constatation ne peut expliquer entièrement la différence observée dans la mortalité, qui peut être due à des différences dans les soins ou les ressources.

« Ce n’est pas seulement chez les victimes d’un ACV hospitalisées pendant la fin de semaine que l’on observe des taux de survie plus faibles. Les différences peuvent s’expliquer par le nombre d’employés au travail, l’accès limité à des spécialistes et la réalisation des procédures en dehors des heures normales de travail, poursuit M. Kapral. Il faut réaliser d’autres travaux pour comprendre la différence dans les taux de survie, afin que les victimes d’un ACV aient les meilleures chances de survie possible. »

L’étude a montré que de nombreux traitements importants, par exemple la thrombolyse, la scintigraphie cérébrale et les soins pour un ACV, sont administrés aussi souvent la fin de semaine que la semaine. Par contre, elle n’a pas permis de mesurer de nombreux aspects des soins prodigués la fin de semaine, par exemple, la nécessité d’attendre plus longtemps pour que les victimes d’un ACV soient évaluées par des spécialistes tels que les orthophonistes qui aident à déterminer si le patient peut manger ou boire ou les physiothérapeutes qui aident les patients à bouger et à se rétablir après l’ACV. Les futurs travaux de recherche pourraient tenter de cerner les différences particulières dans les soins prodigués la fin de semaine et la semaine.

M. Karpal souligne que les résultats de cette étude ne devraient pas inciter les victimes d’un ACV à retarder leur évaluation.

« La pire chose à faire pour une victime d’un ACV est d’attendre au lundi, car de nombreux traitements doivent être administrés immédiatement pour être efficaces. Les victimes d’un ACV sont beaucoup plus susceptibles d’avoir des complications si elles ne se rendent pas à l’hôpital. »

M. Karpal a aussi souligné qu’il est important que les hôpitaux revoient le nombre d’employés qui travaillent la fin de semaine et les ressources offertes pendant cette période, afin d’être en mesure de prodiguer des soins médicaux optimaux pendant la fin de semaine et les heures creuses.

L’étude a été financée par le RCCACV, un catalyseur de précieux travaux de recherche sur les ACV, et les résultats de l’étude ont été publiés dans le numéro du 2 novembre 2010 de Neurology®, la revue médicale de l’Le lien suivant vous amène à un autre site Web American Academy of Neurology.

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