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Un premier sommet canadien éclairant sur les préjugés et la discrimination liés au poids

Le Réseau canadien en obésité (RCO), l’un des réseaux de centres d’excellence (RCE) du Canada, joue un rôle essentiel dans la sensibilisation aux préjugés et à la discrimination fondés sur le poids. Le premier sommet canadien sur les préjugés et la discrimination liés au poids, qui s’est déroulé en janvier à Toronto, a été une étape majeure vers l’atteinte de cet objectif.

À l’occasion de ce sommet, les conférenciers ont souligné les effets nuisibles et profonds qu’ont les préjugés solidement enracinés contre l’obésité sur chaque citoyen du Canada, le système de santé, les employeurs et l’économie. Un grand nombre considèrent ce phénomène comme la dernière forme de discrimination socialement acceptée et ouvertement répandue.

« La stigmatisation des personnes qui ont une surcharge pondérale est un sport populaire au Canada et dans la plupart des pays, souligne Arya M. Sharma, le directeur scientifique du RCO. Les préjugés contre les obèses entraînent des comportements discriminatoires généralisés dans les établissements de soins de santé, au travail, dans les écoles, dans les médias et ailleurs. C’est aussi grave, et aussi courant, que le racisme. »

Des travaux de recherche réalisés au Canada et aux États-Unis ont documenté les nombreuses conséquences de la discrimination exercée contre ce segment grandissant de la société, notamment des salaires plus bas, un accès moindre aux promotions, des services de santé de moins bonne qualité et des relations interpersonnelles difficiles. En outre, les Canadiens qui ont une surcharge pondérale peuvent avoir une faible estime de soi, souffrir de dépression, d’autres troubles psychiatriques graves ou d’hypertension artérielle, être vulnérables au stress et avoir une mauvaise qualité de vie.

Le sommet, qui a été organisé conjointement par le RCO et le réseau PREVnet et financé par plusieurs commanditaires, a réuni 150 professionnels de la santé, étudiants, décideurs, représentants de l’industrie et enseignants. Le groupe de huit experts canadiens et américains a parlé aux participants de sujets tels que les préjugés liés au poids, l’intimidation, les reportages médiatiques, la santé mentale, l’enseignement professionnel, les droits de la personne et les approches systématiques complexes de la recherche et de l’intervention.

Dans son discours‑programme, Rebecca Puhl, directrice de la recherche au Rudd Center for Food Policy and Obesity de la Yale University, a souligné l’importance de s’attaquer à la question urgente des préjugés contre le poids qui règnent dans la société.

Mme Puhl a souligné qu’au cours de la dernière décennie, la recherche a révélé que les personnes obèses sont moins susceptibles d’obtenir des services de santé préventive et que récemment, elle suggère que les préjugés contre le poids contribuent à ce problème. Dans le cadre d’une étude réalisée auprès de 498 femmes, les femmes obèses expliquent leur décision de retarder leur recours à des services préventifs par les raisons suivantes : manque de respect de la part des intervenants, sentiment d’embarras lié au fait d’être obèse, attitudes négatives de la part des intervenants, petitesse de l’équipement médical et conseils non sollicités sur la perte de poids.

Mme Puhl a ajouté que dans le milieu du travail, les personnes en surpoids et les personnes obèses qui postulent un emploi sont moins susceptibles d’être engagées que les personnes plus minces, même si les curriculum vitae, les diplômes et la formation sont identiques. Et si elles sont engagées, elles recevront probablement un salaire de départ plus bas. Selon une étude américaine où les chercheurs ont suivi plus de 12 000 personnes pendant 15 ans en contrôlant de nombreuses variables socioéconomiques et familiales, le salaire des femmes obèses est inférieur d’environ 6 p. 100 à celui des femmes plus minces pour des tâches équivalentes. Pour les hommes obèses, ce pourcentage est de 3 p. 100.

Des décennies de recherche ont aussi révélé qu’en plus d’affecter la santé et la qualité de vie, ce problème répandu suscite aussi le blâme et l’intolérance. La société en vient à considérer les obèses comme des personnes paresseuses et répugnantes qui n’ont pas d’identité réelle ou valorisée.

Mme Puhl a insisté sur le fait qu’il faudra changer radicalement les attitudes sociales pour réduire les préjugés contre le poids. Il faudra changer le portrait qui est fait des personnes obèses dans les médias, remettre en question les stéréotypes basés sur le poids, informer les gens du caractère complexe de l’obésité, mettre en place des politiques pour décourager l’intimidation et même adopter des lois pour interdire la discrimination fondée sur le poids.

En conclusion, Mme Puhl a rappelé aux participants que « nous devons lutter contre l’obésité et non contre les personnes obèses ».

Conjointement au sommet, un conseil consultatif a été créé et a reçu le mandat d’examiner les faits et de formuler des recommandations en vue de supprimer les préjugés et la discrimination fondés sur le poids et l’obésité au Canada. Les membres du conseil ont participé au sommet, puis se sont réunis le jour suivant afin de trouver des moyens pour mettre en lumière les préjugés contre le poids, des stratégies pour réduire ces préjugés et des mesures particulières pour atteindre ces objectifs.

« Les recommandations du conseil consultatif documenteront les futures initiatives du RCO visant à réduire les préjugés et la discrimination fondés sur le poids, conclut M. Sharma. Ce n’est pas un problème qui se résoudra facilement – les gouvernements, les enseignants, les médias, les professionnels de la santé et d’autres intervenants devront déployer un effort concerté et coordonné. Le rôle du réseau est de réunir ces groupes afin de trouver et de mettre en œuvre des solutions. »

Les présentations faites au cours du sommet sont affichées dans le site Web du RCO [http://www.obesitynetwork.ca/page.aspx?menu=40&app=229&cat1=628&tp=2&lk=no]. Le rapport final du sommet, qui contient les recommandations du conseil consultatif, y est également affiché.

Les préjugés et la discrimination basés sur le poids seront de nouveau abordés au Le lien suivant vous amène à un autre site Web deuxième sommet national sur l’obésité, qui se déroulera du 28 avril au 1er mai 2011 à Montréal.

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